Etape 7 : La Paz > Uyuni (727 km dont 425 de spéciale)

Etape marathon : le rôle clé du co-pilote

Herbe à chameau, pluies diluviennes qui ont inondé le parcours, au point de transformer les pistes de cette 7ème étape entre La Paz et Uyuni en de véritables bourbiers… Après les dunes, il a fallu compter pour ces 727 km sur l’Altiplano bolivien dont 425 km de spéciale avec les dons d’équilibriste des co-pilotes, leur capacité à bien lire l’adhérence au sol, pour ne pas s’embourber et sortir de ces bains de boue sans dommages tant la soudaineté et la violence des conditions météo ont rendu la visibilité difficile.

Capital dans les étapes de dunes où la lecture du roadbook est déterminante, le rôle du co-pilote est clé dans une étape marathon. Avec l’interdiction deux jours durant de recevoir une aide extérieure, autre que celle de la voiture et du camion d’assistance rapide respectivement engagés en catégories T2 et T4, il faut savoir allier vitesse et fiabilité et gérer le pilote sur la durée. « Le co-pilote doit se partager à égalité entre ces 2 rôles, explique Florence Migraine, ex-coureuse, aujourd’hui guide sur le Dakar et par ailleurs navigatrice. D’un côté la lecture et transcription du roadbook, et de l’autre, la lecture du terrain pour que le pilote avance le plus vite possible en sécurité ».

« Un bon copilote doit avoir le sens de la navigation, mais il doit aussi être bon en mécanique, ne pas avoir peur de la vitesse car s’il est accroché au cockpit, pieds au frein, cela ne met pas en confiance, confirme Stephan Schott, qui a longtemps couru pour X-Raid. Il doit surtout savoir manager son pilote et ses émotions ». « Il faut le soutenir dans les moments difficiles, le soulager au maximum juste en lui annonçant les virages ou les trous pour qu’il garde son énergie, témoigne Eugénie Decré, copilote de Jérôme Pélichet, team 330. Utiliser le langage qui permettra de bien se comprendre. C’est souvent une question de communication ! » 

Eugénie a coutume de dire que l’énergie dans la voiture crée (ou pas) une osmose : c’est 1+1 = 3 ! D’où les duos mythiques qui courent depuis longtemps ensemble. Car il y a une part d’alchimie interpersonnelle. Et puis des stratégies, des astuces, une vraie préparation mentale pour préparer le cerveau à la course. « Chaque jour, confirme Eugénie, nous travaillons sur nos objectifs en état de conscience modifié avant le départ. Cette technique issue de la PNL (programmation neuro linguistique) de Robert Dilts permet d’apaiser les tensions et d’être plus en confiance. On utilise les mots clés du langage interne avant la spéciale pour se motiver ; pendant la course, pour garder de l’énergie et à la sortie de la spéciale pour partager son ressenti, être dans le moment présent et ne pas voir rejaillir dans ce huis clos qu’est la voiture une frustration de la veille ! »

Une technique qui permet de garder le moral dans les moments difficiles (à 21h, 33 voitures seulement étaient arrivées à Uyuni) et dans la durée : car pour l’étape 8 les équipages devrontaffronter la plus longue spéciale du rallye (498 kilomètres), qui les mènera jusqu’à Tupiza, où ils pourront à nouveau confier leurs montures aux bons soins de leurs mécaniciens et leurs dos aux masseurs !

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